Les agences de notation
Les agences de notation évaluent selon une échelle de risque, la probabilité de défaillance d'une entreprise c'est à dire sa capacité à payer les intérêts et le principal de sa dette dans les délais impartis. On parle également de «qualité de la signature». Les principales agences sont Moody's, Standard and Poor's et Fitch.
Chacune d'entre elles utilise son propre système de notation. De manière générale, il s'agit d'effectuer une analyse financière de la société notée à partir des bilans et comptes de résultat sur plusieurs années, de documents prévisionnels, des outils de contrôle internes, d'entretiens avec les dirigeants, permettant d'apprécier la stratégie et les perspectives de croissance, le positionnement concurrentiel, l'évolution du marché, la couverture des risques au regard des engagements contractés et, finalement, la pérennité des équilibres financiers.
Les agences de notation délivrent deux types de notes :
- Des notes d'émetteur, qui évaluent la qualité de la dette de l'émetteur d'obligations.
- Des notes d'émission, qui évaluent la qualité de l'émission obligataire.
En fonction des garanties accordées lors d'une émission obligataire, les notes de l'émetteur et de l'émission peuvent différer. Elles restent néanmoins très corrélées.
Schématiquement, les notes s'établissent de A à D avec des échelons intermédiaires. La meilleure note est AAA, c'est notamment celle de l'Etat français qui présente un risque quasi nul. Ensuite on trouve AA puis A chez Standard and Poor's ou Aa puis A (...) chez Moody's. Les notes peuvent être assorties d'un "+" ou "-" ou encore d'un "1" ou "2", permettant des classifications plus fines.
L'échelle de notes s'articule entre les notes "investment" et les notes "speculative", également appelées junk bonds :
- Les émetteurs notés "investment" sont jugés extrêmement solides à solides. Leurs notes sont comprises entre AAA et BBB- pour Standard and Poor's, entre AAA et Baa3 pour Moody's.
- Les émetteurs notés "speculative" sont jugés risqués à extrêmement risqués. Leurs notes sont comprises entre BBB- et BB+ pour Standard and Poor's, Baa3 et Ba1 pour Moody's. Le classement de la note d'un émetteur dans la zone "speculative" est doublement pénalisante pour un titre : elle entraîne de forts mouvements vendeurs sur le titre et elle renchérit le coût de la dette.
Tout au long de la vie de l'entreprise, les agences sont amenées à modifier à la hausse ou à la baisse la note d'une société. Dans certains cas de changements importants (fusion,...), la société peut être « mise sous surveillance ».
Ces notes font office de référence, elles conditionnent les taux auxquels les sociétés pourront emprunter de l'argent aux banques ou en faisant appel aux marchés obligataires. Plus la note sera élevée et plus l'entreprise trouvera des fonds bon marché à des taux d'intérêt faibles. A l'inverse, une mauvaise note signifiera un taux d'intérêt plus élevé et des difficultés pour mettre sur pied un financement.
Par ailleurs, l'attribution d'une note ne constitue pas une recommandation d'achat ou de vente. Mais elle a un effet non négligeable en terme d'image bien que les agences réagissent souvent avec retard. Une révision de la note à la baisse peut ainsi faire baisser le cours du titre visé. De même, un changement d'évaluation à la hausse peut faire monter le cours. Les investisseurs sont très attentifs aux modifications de notes ou aux mises sous surveillance des titres.